Démission en période d’essai, hors période d’essai, chômage non indemnisé : ce que personne ne t’explique vraiment.

Tu viens de démissionner.
Ou tu y penses sérieusement.
Et la question tourne en boucle : « OK… Je démissionne…Et après ? Je fais quoi ? »
Spoiler : oui, on peut démissionner sans poste derrière. Mais non, ça ne s’improvise pas.
Étape 1 : Je démissionne…Et après ? Savoir ce que signifie vraiment une démission
Tous les départs ne se valent pas. Une démission, au sens strict, ce n’est pas du tout la même chose qu’une fin de période d’essai rompue par l’employeur ou une rupture conventionnelle.
Une démission, dans le droit du travail français, c’est un acte unilatéral du salarié qui signifie à l’employeur qu’il ne souhaite pas poursuivre leur collaboration.
Ca prend la forme d’une lettre remise en mains propres ou une lettre recommandée avec avis de réception, pour acter sa bonne réception.
Dans un vrai CDD, on n’utilise pas le terme démission normalement : le CDD prend fin à la date prévue sans démarche du salarié.
Ce qu’on appelle souvent “démission d’un CDD” est en réalité une rupture anticipée du contrat à ton initiative.
Démissionner, ce n’est pas négocier. C’est décider.
Au niveau psychologique, ça n’a pas du tout le même impact qu’une fin de CDD ou une rupture conventionnelle ou un licenciement.
Ici, tu as choisi, en toute conscience, de démissionner. Et l’employeur n’a pas eu son mot à dire, juste à acter.
Et là, plusieurs cas de figure selon ta situation avant démission : période d’essai ou après, prochain poste trouvé ou pas. Analysons.
Étape 2 : Démission en période d’essai ou après : ce n’est pas la même histoire
Tu peux démissionner, temporellement, pendant ou après période d’essai. Ce n’est pas la même histoire.
Le moment de ta démission change les conséquences, surtout sur le préavis, l’impact financier, et ton dossier Assedic/France Travail.
Le timing change les conséquences. Explications.
👉Si tu démissionnes pendant la période d’essai :
- Préavis court – voire effet immédiat selon la convention collective et le contrat de travail
- Sortie plus souple : un simple mot manuscrit, daté, signé, à ton/ta RH et scanné suffit.
- Pas d’indemnité de départ de la part de l’employeur ;
- Si tu avais déjà des droits chômage ouverts (ARE) mais que tu as travaillé moins de 65 jours depuis ta précédente situation indemnisée, France Travail peut considérer que tu as perdu ces droits. Tu peux alors les récupérer après ta période de démission.
👉 Pas d’explications ou de justificatifs particuliers à fournir ni à ton employeur ni à France Travail au moment de ta démission.
👉 Tu n’as pas de démarche spécifique à faire pour l’ARE immédiatement : tu t’actualises normalement en indiquant une date de fin de contrat et ton salaire à percevoir.
Pour rappel :
- la durée de la période d’essai dans le cadre d’un CDD est égale à 1 jour par semaine, dans la limite de : 2 semaines pour une durée initiale inférieure ou égale à 6 mois ; 1 mois pour une durée initiale de plus de 6 mois.
- La durée initiale de la période d’essai pour un CDI ne peut pas excéder [1] : 2 mois pour les ouvriers et les employés ; 3 mois pour les agents de maîtrise et les techniciens ; 4 mois pour les cadres.
Bien sûr, tu restes poli et courtois dans ton mot/lettre de démission.
Exemple de mot de démission :
« Par la présente, je vous informe de ma décision de mettre fin à ma période d’essai, avec effet immédiat.
Je vous remercie pour l’opportunité qui m’a été donnée et vous souhaite une bonne continuation.
Fait à …le …
Signature »
Si tu démissionnes hors période d’essai :
- Préavis plus long : 1 à 3 mois selon le type d’emploi (cadre/non cadre), le contrat de travail et la convention collective pour un CDI ;
- Si tu romps un CDD avant terme pour un autre emploi, un préavis s’applique souvent aussi : 1 jour par semaine travaillée, dans la limite de 2 semaines.
- Pas d’indemnité de départ de la part de l’employeur ;
- Impact financier plus lourd : France travail considère que tu as volontairement quitté un emploi, et te pénalise en te privant d’ARE pendant 4 mois. Aucun justificatif ne permet de raccourcir cette période. Que ce soit CDD ou CDI.
- Décision plus engageante : tu dois vivre 4 mois minimum sur tes économies personnelles.
- Le RSA n’est pas automatiquement ouvert : ta situation doit être étudiée individuellement, mais en cas de ressources suffisantes provenant de ton choix de démission, tu peux être non éligible.
Le problème n’est pas de démissionner.
Le problème, c’est de le faire sans comprendre à quoi tu t’exposes.
Étape 3 : Le vrai sujet : le chômage après une démission
Il y a beaucoup d’idées fausses et de peurs sur la démission. Il faut arrêter les fantasmes.
Après une démission :
- ❌ Pas d’ARE immédiate
- ⏳ 4 mois sans indemnisation ARE- minimum
- Réexamen possible mais non automatique de ta situation de la part de France travail
- Tu dois prouver que tu es dans une démarche active de recherche d’emploi, si tu as démissionné sans avoir d’autre CDD/CDI.
Tu peux demander à France Travail le réexamen de ta situation après 121 jours (environ 4 mois). Une instance paritaire régionale (IPR) examine tes démarches de recherche d’emploi et peut décider une indemnisation à partir du 122e jour.
👉 Si tu as quitté volontairement ton emploi et que tu n’as pas de nouveau CDD/CDI derrière, tu dois être rigoureux·se pour justifier de ta recherche d’emploi (CV envoyé, candidatures enregistrées, mails conservés).
👉 Conseils pragmatiques :
- Enregistre sur chaque site d’emploi les postes auxquels tu as postulé.
- Garde les preuves (captures, mails, réponses).
Un tableau Excel ne suffit pas : ce qui compte, ce sont les preuves (mails, confirmations, captures). Le tableau sert juste à t’organiser.
Étape 4 : Démissionner sans poste derrière (oui, c’est possible)
Tu démissionnes, et après ?
Peut-être as-tu démissionné sans plan B, formalisé. Ca arrive. Mais tu dois garder une direction. Trouver un nouveau travail ou activité.
Il faut différencier une :
- Démission émotionnelle – tu vivais mal la situation (management, ambiance de travail, stress…)
- Démission stratégique – tu vises plus haut, quelque chose de plus cohérent avec tes aspirations, un poste différent…ou on t’a proposé plus près, mieux payé…
Profite de ta démission pour faire le point et clarifier :
- Ce que tu refuses
- Ce que tu recherches
- Ce que tu es prêt·e à accepter temporairement
Tu n’as pas besoin d’un plan de carrière.
Tu as besoin d’un premier pas cohérent.
Étape 5 : Transformer l’après-démission en levier
Pour reprendre la main, je te conseille de :
- Structurer tes journées : 1h mail, 2h candidatures, sport, …N’oublie pas de prendre soin de toi.
- Reprendre le contrôle du récit (ton parcours professionnel) : revoir ton pitch, donner du sens à cette expérience
- Activer le marché caché (les offres non publiées, dont tu as vent par bouche-à-oreille, et les candidatures spontanées)
- Ne pas disparaître après la démission – continuer d’être présent auprès de ton réseau pro (si tu souhaites rester dans le même domaine bien entendu)
Tu as démissionné, et après ? Tu as dit non à un poste pour saisir une nouvelle opportunité – concrète ou non. Ce n’est pas un échec, c’est un pas de plus vers un poste ou un projet (création d’entreprise…) qui te correspond mieux.
Démissionner, ce n’est pas fuir. C’est parfois arrêter de s’abîmer.
Tu n’as pas raté ta carrière. Tu viens peut-être juste de la reprendre.
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